Projet ERBELGEN

Egoitz Galartza Garaialde

Le contrôle des accouplements figure parmi les principales étapes d’un programme d’amélioration. En effet, un programme d’élevage sérieux et digne de ce nom doit pouvoir, après sélection de la meilleure parentèle sur la base de critères génétiques, féconder les reines vierges avec les faux bourdons, les deux catégories étant issues des meilleures mères. L’insémination instrumentale et les stations d’accouplement sont au nombre des méthodes utilisées par ERBEL pour exercer ce contrôle. Récemment, pour effectuer un contrôle naturel de la fécondation offrant des garanties génétiques, le Projet ERBELGEN a été lancé.

 

La fécondation dirigée, relativement simple chez d’autres espèces d’élevage, est plus complexe chez les abeilles étant donné le comportement reproductif de l’espèce. L’accouplement entre la reine vierge et de nombreux faux bourdons à maturité se fait en vol, à une certaine distance du rucher, sur des sites de rencontre appelés zones de congrégation des faux bourdons (Drone Congregation Areas, DCA). Cet état de fait constitue un énorme obstacle à la reproduction dirigée de reines vierges par des mâles sélectionnés.

Pour obtenir la certification et une reconnaissance complète de la station de fécondation d’ERBEL, en fonctionnement depuis 2019, le projet ERBELGEN a été lancé. Y participent les associations ERBEL (chef de file du projet), Euskal Erle Beltza et Apidemia, l’Université du Pays Basque EHU-UPV et l’institut Neiker. En outre, le projet a été présenté à l’Eurorégion Nouvelle-Aquitaine – Euskadi – Navarre, qui développe et soutient des initiatives portées par le territoire dans différents domaines aussi divers que l’économie, l’emploi, l’éducation, la mobilité, l’Environnement, etc. Le projet ERBELGEN a reçu un financement de 31 835,89 € pour une durée d’exécution de 18 mois.

Il a pour objectif de valider, au moyen d’analyses génétiques, la Station d’Accouplement des reines sélectionnées ainsi que le Rucher d’Accouplement en Pureté Génétique du Pays Basque Nord.

LA STATION D’ACCOUPLEMENT DES REINES DE TESTAGE

Les stations d’accouplement isolées peuvent constituer une technique efficace pour le contrôle de l’accouplement des abeilles, combinée à l’élevage dirigé de faux bourdons sélectionnés.

La validation de la station d’accouplement vise à garantir et à certifier que les reines sont bien fécondées sur le site par des faux bourdons élevés à cet effet par ERBEL.

Pour cela, différentes analyses génétiques sont menées:

  • Pour connaître l’ascendant paternel : 30 faux bourdons issus de chacune des 57 reines (4e) productrices de mâles feront l’objet d’une analyse. 57 analyses.
  • Pour connaître l’ascendant maternel : sur les plus de 200 reines appelées à s’accoupler dans la station, 30 seront analysées après fécondation. Des échantillons de 10 ouvrières et 30 faux bourdons seront prélevés. 330 analyses au total.
  • Les reines mères (2e) utilisées cette année seront également analysées, soit 30 faux bourdons issus de chacune d’entre elles.
  • Soit, au total, 407 analyses.

RUCHER D’ACCOUPLEMENT EN PURETÉ GÉNÉTIQUE D’IRATI

Pour garantir la pureté génétique de l’abeille locale au Pays Basque Nord, territoire fortement hybridé et dépourvu de zones à garantie génétique pour les accouplements, un Rucher de Fécondation sera installé dans la vallée isolée d’Irati.

Les apiculteurs pourront apporter leurs reines pour qu’elles s’accouplent avec des mâles d’abeilles noires.

Une validation génétique de ce rucher d’accouplement sera également réalisée:

  • Au printemps, des ouvrières issues de 5 reines (1e) fécondées sur le site et 30 faux bourdons feront l’objet d’une analyse.
  • En été, des ouvrières issues de 5 reines (1e) fécondées sur le site et 30 faux bourdons feront l’objet d’une analyse.
  • Soit, au total, 110 analyses.

Les analyses génétiques seront réalisées par le laboratoire danois Eurofins genetics, par l’intermédiaire du département de génétique de l’EHU-UPV. Les travaux d’échantillonnage commenceront au cours des semaines à venir et se prolongeront jusqu’à l’automne, les premiers résultats étant attendus pour la fin 2020.

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