Que savons-nous à propos de l’accouplement des reines vierges?

Egoitz Galartza Garaialde

La reproduction chez les abeilles est un événement complexe et partiellement inconnu. Cela se produit une seule fois dans la vie de la reine, qui s’accouple avec plusieurs mâles pendant les premiers jours suivant sa naissance afin de pouvoir stocker suffisamment de spermatozoïdes dans la spermathèque. Ils seront utilisés tout au long de la vie de la reine, au fur et à mesure de la fécondation des ovules, pour donner naissance à des ouvrières ou à des reines. Ainsi, les femelles de l’espèce Apis mellifera sont diploïdes (dotées de deux jeux de chromosomes), tandis que les mâles, ou faux bourdons, naissent d’ovules non fécondés et sont donc haploïdes (un seul jeu de chromosomes). Les reines s’accouplent plusieurs fois avec différents faux bourdons, qui sont monogames et qui meurent après la copulation.

La sélection naturelle a favorisé un certain nombre de mécanismes comportementaux visant à prévenir le croisement de reines avec des faux bourdons parents puisque les accouplements se produisent loin de la ruche, en plein vol, dans les zones de congrégation des faux bourdons où convergent des milliers de mâles (entre 10 000 et 15 000) qui y attendent l’apparition de reines vierges.

Sélection génétique et contrôle des accouplements

Le croisement entre les meilleurs spécimens est propre aux programmes de sélection de l’élevage, le contrôle de la fécondation étant un aspect essentiel des programmes de ce type . En effet, les valeurs génétiques des animaux impliqués dans le programme d’élevage sont ainsi plus fiables, d’une part, et le progrès génétique intervient tant du côté maternel que paternel, de l’autre.

Certains aspects du comportement reproducteur des reines de la sous-espèce Apis mellifera iberiensis restent méconnus et, bien qu’aucune différence majeure avec d’autres sous-espèces ne soit à prévoir, ce pan important de la biologie de l’abeille domestique n’est toujours pas documenté et de nombreuses questions restent sans réponse. Combien de temps durent les vols nuptiaux et quelle distance les reines parcourent-elles? Quelle est la fréquence des vols? Combien de fois une reine s’accouple-t-elle? Quelles sont les conditions météorologiques nécessaires pour que les vols puissent avoir lieu?

Il est important d’étudier le comportement reproducteur de la sous-espèce locale, car plus nous en saurons sur la biologie de la reproduction des reines et des faux bourdons et plus le contrôle des accouplements naturels sera efficace.

Cet été, nous réaliserons une étude visant à obtenir des informations sur les vols d’accouplement des reines ibériques pour, ensuite, pouvoir concevoir un contrôle d’accouplement efficace pour cette sous-espèce et, partant, obtenir une amélioration génétique de plus grande ampleur et plus rapide.

Dispositif d’observation des vols d’accouplement

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